Assassinat des journalistes de RFI : François Hollande entendu comme témoin

Assassinat des journalistes de RFI : François  Hollande entendu comme témoin
0 commentaires, 30 - 1 - 2019, by admin

L'ancien président de la République François Hollande a été entendu comme témoin dans le cadre de l'enquête sur l'assassinat de deux journalistes Ghislaine Dupont et Claude Verlon en novembre 2013.
L'ancien président de la République François Hollande a été entendu comme témoin par des juges d'instruction dans le cadre de l'enquête sur l'assassinat de deux journalistes de RFI au Mali en novembre 2013, a appris lundi l'AFP de sources proches du dossier.
Les juges parisiens qui enquêtent sur l'enlèvement et l'assassinat de Ghislaine Dupont et Claude Verlonl'ont interrogé le 11 janvier sur des conversations en "off" avec des journalistes dans lesquelles il aurait évoqué des informations qui semblaient contredire les investigations. L'ancien patron de la direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) Bernard Bajolet a également été entendu, le 10 décembre.
Les juges s'interrogent sur l'existence d'une écoute téléphonique captée entre un probable commanditaire et un exécutant, le premier reprochant à l'autre d'avoir "détruit la marchandise", selon des propos qu'aurait tenus François Hollande en décembre 2013 et rapportés par un journaliste de RFI à la justice. Or, les demandes de déclassification n'ont pas permis de trouver la trace de cette interception.
Confronté le 11 janvier à ses propos dans le bureau des juges, l'ancien président en a regretté "de mauvaises interprétations" tandis que Bernard Bajolet a démenti un mois plus tôt l'existence même de cette écoute devant l'un des juges, indiquant n'avoir pas été "aussi affirmatif". Il a ainsi justifié: "J'ai été un peu surpris, un peu déstabilisé à l'idée de démentir l'ancien chef de l'Etat et j'ai bafouillé quelque chose dont je ne me souviens plus trop", selon sa déposition dont a eu connaissance l'AFP.
Le double meurtre avait été revendiqué par Aqmi
Cinq ans après l'assassinat de deux journalistes de RFI au Mali, Ghislaine Dupont et Claude Verlon, l'enquête a permis d'identifier les possibles commanditaires sans pouvoir dissiper le flou qui entoure encore le scénario précis du rapt, au grand dam des proches.
Ghislaine Dupont, 57 ans, et Claude Verlon, 55 ans, avaient été enlevés le 2 novembre 2013 au cours d'un reportage puis abattus près de Kidal, quelques mois après l'opération française Serval qui avait mis en déroute les jihadistes contrôlant le nord du Mali. Leurs corps avaient été découverts à proximité d'un pick-up abandonné. Le double meurtre avait été revendiqué par Aqmi (Al-Qaida au Maghreb islamique).
Les investigations menées côté français en parallèle de l'enquête malienne ont permis de cibler six principaux suspects: quatre membres du commando et surtout deux possibles commanditaires, deux chefs de katibas (groupe de combattants). Le premier, Abdelkrim le Touareg, un émir lié à Aqmi, a depuis été tué dans une opération des forces françaises. Le second est Sedane Ag Hita.
Très vite, les enquêteurs avaient privilégié la piste d'un enlèvement raté, à cause d'une panne d'automobile, pour expliquer le meurtre des journalistes. Une thèse qui, cinq ans après, suscite toujours des doutes chez les proches des reporters.
"Les déclassifications de documents n'ont pas permis de clarifier un certain nombre de choses, ni sur les circonstances, ni sur le pourquoi", a expliqué à l'AFP Pierre-Yves Schneider, porte-parole de l'association des amis de Ghislaine Dupont et Claude Verlon, reçue jeudi par les juges.
Surtout, de récents éléments de l'enquête dont a eu connaissance l'AFP viennent ajouter des zones d'ombre au dossier. Dans un témoignage troublant recueilli le 4 octobre par les juges, un journaliste d'investigation malien a raconté qu'une source lui avait récemment confié que "quelqu'un dans le commando était en relation avec un officiel malien", information que lui a ensuite confirmée un ancien officier français.
Ce dernier lui a révélé l'existence d'une interception américaine d'une conversation entre le jihadiste Baye ag-Bakako, membre du commando, ancien trafiquant localisé entre le Mali et l'Algérie, et Soumeylou Boubèye Maïga, ancien ministre de la Défense malien et actuel Premier ministre.
L'officiel malien a déjà a eu affaire à la justice française par le passé: il avait été placé en garde à vue dans l'enquête sur les activités de l'homme d'affaires corse et ponte du jeu en Afrique, Michel Tomi. Les jihadistes ont-ils bénéficié d'une certaine complaisance? L'enquête devra vérifier cette hypothèse.
Les juges antiterroristes, qui s'étaient rendus en février à Bamako pour rencontrer leurs homologues maliens, ont fait part jeudi de leurs espoirs quant à l'obtention de nouvelles données téléphoniques maliennes qui permettraient de retracer le parcours du commando, a expliqué Me Marie Dosé, avocate de l'association.
Paris Match

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