Kiridi Bangoura: " Le chef de file de l’opposition sait très bien qu’il n’y a pas d’agenda caché. Le seul agenda, c’est l’agenda républicain"

Kiridi Bangoura:
0 commentaires, 30 - 1 - 2019, by admin

Par Cheick Diallo
Le Ministre d’Etat, Ministre Secrétaire général et Porte-parole de la Présidence, Naby Youssouf Kiridi Bangoura, était l’invité de RFI ce mercredi, 30 janvier 2019, pour évoquer des sujets d’actualité sociopolitique en Guinée.
A l’occasion, le porte-parole de la présidence de la République, le Ministre d’Etat Kiridi Bangoura, a justifié le retard dans la tenue des législatives par « un constat qui a été fait par les acteurs politiques, y a quelques temps, lors du dialogue politique que les recommandations issues de l’audit du Fichier doivent être implémentées pour que les élections puissent se tenir dans les meilleures conditions possibles. C’est à la suite de cela que la CENI pourra techniquement proposer un calendrier électoral », a-t-il rappelé.
La veille, sur la même radio, le chef de file de l’opposition accusait le Président de la République d’avoir, plutôt, un agenda caché. Sur cette accusation, le porte-parole du Président Alpha Condé rassure que « le chef de file de l’opposition sait très bien qu’il n’y a pas d’agenda caché. Le seul agenda, c’est l’agenda républicain », précisant de passage que « Le Chef de l’Etat n’a rien à voir quand à la fixation de la date des élections. L’obligation lui est faite, chaque fois que la CENI lui propose une date de prendre un décret pour avancer. »
Malgré le glissement du calendrier des législatives, le Ministre d’Etat Kiridi Bangoura rassure que « il y a un glissement, c’est vrai. Un constat a été fait qu’on ne peut pas tenir les élections législatives à date. Mais, si tout se passe bien, les élections là auront lieu cette année. Donc, on pourra poursuivre le déroulé du calendrier républicain, en Guinée », exprimant toute la disponibilité du Gouvernement à accompagner le processus aux côtés de la CENI
Sur l’éventualité de la révision constitutionnelle, en Guinée, Kiridi Bangoura croit que le débat ne devra se focaliser sur le maintien au pouvoir du Président Alpha Condé, au-délà de 2020, « est-ce que vous connaissez l’équivalent en Europe, d’un Chef d’Etat qui discuterait avant la fin de son mandat, de la fin de son mandat… C’est curieux qu’en 2019, au lieu de s’occuper des législatives et du développement, au lieu de travailler sur cela, nous sommes en train encore de discuter d’un plan qui n’existe pas pour l’instant. Le Président est à la tache au milieu des populations pour faire avancer notre pays », sans omettre les préoccupations de l’heure du Président Alpha Condé, « le Président a tellement à faire ; le taux de prévalence du paludisme dans notre pays vient de passer de 45% à 15%. Le Président est dans le concret. Il est auprès des populations, il est auprès des paysans, il est auprès des jeunes et des femmes pour réaliser le projet de développement national. Et, aider chacun et chaque catégorie à participer à ce plan national de développement économique et social. Cela le préoccupe énormément. Je crois qu’il a assez à faire, et le mandat est totalement ouvert pour lui, je ne sais pourquoi nous allons basculer artificiellement dans une discussion concernant le Président de la République », insiste-t-il.
Le Président Alpha Condé peut-il clairement se prononcer ?, « la Constitution guinéenne ne prévoit nullement que le Président puisse répondre à cette question, à cette date. Il y a une mission qui est confiée au Chef de l’Etat, pour le moment, il estime qu’il doit mettre toute son énergie dans l’accomplissement de cette mission », précise son porte-parole qui entends beaucoup sur l’éventuelle candidature du Président Alpha Condé en 2020 : « j’entends beaucoup de Guinéens le dire. J’entends d’autres Guinéens qui ont d’autres opinions. C’est ça la démocratie. Il faut que nous acceptions que le débat soit le maitre mot de la démocratie. Il ne s’agit pas seulement de rester dans l’observation statique des institutions. Il faut laisser le débat permettre aux opinions de s’exprimer », rappelant que les Guinéens débattent comme le veut la démocratie, « il y a un débat en Guinée actuellement sur la Constitution, sur les institutions, sur l’organisation de l’Etat au niveau du territoire ; est-ce qu’il faut plus de décentralisation ou moins de décentralisation. Il y a un débat très intéressant actuellement sur la codification plus forte des questions environnementales, la place des femmes dans la vie politique. Parce qu’il y a des femmes qui se pose la question si l’égalité doit être formelle, où si des contraintes de quotas doivent… assurer pleinement leur expression. Tous ces débats là existent. Et, tous ces débats trouvent leur achèvement à un moment donné dans le texte fondamental de la République », avant de conclure que « …le souverain premier, c’est le peuple. Si le peuple décide un jour qu’il y est une nouvelle République, on en parlera. Ni moi ni vous ni Elhadj Cellou Dalein Diallo ni le Président de la République ne peut décider à la place du peuple de Guinée. »

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