La Guinée de Sékou Touré, 61 ans d’indépendance

La Guinée de Sékou Touré, 61 ans d’indépendance
0 commentaires, 2 - 10 - 2019, by admin

Par Bangaly Condé " Malbanga"
Le Peuple de Guinée par son vote massif du 28 septembre 1958 a rejeté la domination, et de ce fait, acquis son Indépendance Nationale et constitué un État libre et souverain.
C’est pourquoi ce brave peuple célèbre ce mercredi 2 octobre 2019 la date d’anniversaire de l’accession de la Guinée à l’indépendance. Ce, dans un climat de tension et de suspicion entre l’opposition et la mouvance autour de l’élection législative qui pointe à l’horizon et des consultations menées par le premier ministre Kassory Fofana initiées par le président de la République Alpha Condé, pour recueillir les avis de toutes les sensibilités politiques du pays sur un éventuel référendum relatif à l’adoption d’une nouvelle constitution.
En ce jour mémorable, l’un des plus illustres de l’histoire de la Guinée, un hommage mérité est rendu au feu président Ahmed Sékou Touré, leader des artisans de l’accession de la Guinée à l’indépendance, sans pavoisements, ni salves de canon, sans délégations étrangères ni manifestations, bref, par une procédure unique dans l’histoire de l’Afrique, et par la « baraka » d’une seule phrase: « nous préférons la liberté dans la pauvreté à l’opulence dans l’esclavage ».

Pour mémoire, louons ce combat du père de l’indépendance guinéenne et de ses compagnons qui ont payé un lourd tribut pour libérer notre pays du joug colonial lors du référendum du 28 septembre 1958.
Ce jour, les Guinéens sont les seuls à refuser, et ce dans une proportion de 95 % (1 136 324 oui, contre 56 981 non), de joindre la Communauté française. L’indépendance est proclamée le 2 octobre 1958, entraînant une rupture des liens administratifs et financiers entre la Guinée et la France qui retire ses cadres et ses crédits. Les anciens colonisateurs emporteront tout ce qu’ils ont pu et détruiront le reste. Laissant ainsi derrière eux un jeune Etat qui devrait désormais voler de ses propres ailes.
Soixante un ans de lutte pour relever les défis que lui ont imposés les affres de la colonisation, la mauvaise gouvernance et la conjoncture internationale.
D’abord face aux représailles de l’ancien maître qui a fermé toutes les portes de l’occident, le premier président guinéen se tournera vers les pays soviétiques et le Ghana de Nkrumah et utilisera les maigres moyens du bord pour permettre à la jeune nation de se doter des structures politiques, économiques et sociales nécessaires à son développement. Certes, tout n’a pas été fait, mais de l’homme du 28 septembre, Ahmed Sékou Touré laissera plusieurs acquis en héritage avant de quitter ce monde le 26 mars 1984.
Après sa disparition tragique, la Guinée disposait d’un réseau routier en pleine effervescence, des résultats concrets étaient là dans le domaine des emplois des jeunes qui ont été intégrés à des programmes de développement et aux unités industrielles d’Etat. Au plan éducationnel, les instituts Polytechniques de Conakry et de Kankan attiraient les jeunes des pays limitrophes à cause de leur renommée et des cadres nationaux bien formés qui y sortaient.
Des centaines d’unités industrielles et tout ce qui permet à un jeune Etat d’être souverain a été mis en place. Notamment une armée nationale, une monnaie nationale et une constitution légale et légitime qui était l’une des meilleures du continent. C’est cette constitution de 1958 qui sera en vigueur jusqu’en 1982. Date à laquelle une nouvelle constitution sera soumise au référendum et qui régira la Guinée jusqu’à la disparition tragique de l’homme du 28 septembre.
Sur le plan économique, tout n’était pas rose mais la Guinée connaissait la stabilité de la monnaie. Il y avait un contrôle strict de la masse monétaire, la maîtrise de l’inflation par le contrôle du taux, la dette extérieure était raisonnable et les prix des produits de base sur le marché étaient contrôlés par l’Etat. Aucun commerçant ne pouvait à sa guise fixer le prix de sa marchandise sans se référer à la réglementation du Gouvernement. Nul besoin de dire que, l’Etat guinéen existait. Visible partout dans le pays. Il était garant de la sécurité et symbole de la fierté nationale.
Certes la fourniture des services sociaux de base n’était pas assurée à 100%, mais la plupart des grandes villes de la Guinée étaient allumée et l’eau coulait des robinets.
Qui ne se rappelle pas la chanson du Horoya Band de Kankan ? « Ibaraye kuran menena Kankan » qui veut dire qu’on t’a vu à la lumière à Kankan. A N’zérékoré, la Scierie de Sérédou fournissait de l’électricité à la ville et l’eau potable ne manquait pas. Des exemples sont légions.
Aussi, faut-il ajouter au crédit du président Ahmed Sékou Touré le rayonnement culturel et sportif de la Guinée avec les ballets africains, le Bembeya jazz National, les Amazones de Guinée, le célèbre Hafia Football Club, le Kaloum Star et la fameuse équipe féminine de Beyla, etc.
Il faut également signaler la bravoure de notre armée sous le régime de Sékou Touré. Elle était une fierté africaine à la fois crainte et respectée. Sa discipline et son courage étaient plus que légendaires. Une armée qui s’illustra dans le maintien de la légalité constitutionnelle, s’est distinguée sur tous les fronts de lutte de libération Africaine et s’impliqua dans le secteur de la vie économique en s’investissant dans les programmes nationaux de développement.
Qui ne retient pas encore l’image des soldats dans les champs de riz, dans les fermes Agro-pastorales (FAPA) et dans la construction des routes et des pistes ainsi que les ouvrages de franchissements à travers les génies militaires sous la première République ?
Le 3 avril 1984, par la faveur d’un coup d’Etat, le Général Lansana Conté accède au pouvoir. Toutes les institutions politiques seront suspendues. La Guinée sera gouvernée par les militaires pendant 9 ans dans un vide constitutionnel sans précédent.
Ce n’est qu’en 1991 que la première constitution de la 2ème république sera adoptée par le peuple. En 2003 elle sera révisée pour permettre à Lansana Conté d’être un président à vie. Ce sont les promoteurs et les directeurs de campagne de ce tripatouillage qui s’opposent aujourd’hui à une nouvelle constitution.
Un peu plus d’un quart de siècle du régime militaire, après la mort du père de l’indépendance, la Guinée s’est retrouvée à la case de départ. Les militaires tuaient les civils sans défense, les deniers publics dilapidés, les ressources minières bradées, les services sociaux de base inexistants (l’eau ne coulait plus dans les robinets et l’électricité était devenue une denrée rare).
Les quelques 50 usines et 300 unités de productions qui étaient fonctionnelles étaient en panne, Salguidia, Sobragui, Conserverie de Mamou, l’Usine militaire, l’Usine textile de Sanoya, l’Usine de thé de Macenta, Briqueterie et l’Usine de jus de fruit de Kankan, l’Huilerie de Dabola, Enta… ces usines qui créaient forcement de l’emploi ont été simplement sabotées. Pire, le train reliant Conakry-Kankan ne circule plus, les avions revendus, une démocratie bâclée, bref, la Guinée continuaient de s’enfoncer au sous-sol de la misère.
Ironie du sort, l’un des responsables des maux dont souffre la Guinée aujourd’hui est toujours en train de se battre au prix du sang de ses militants pour briguer la magistrature suprême du pays au grand dam du peuple martyr de Guinée. Celui qui a ruiné ce pays quand Lansana Conté était devenu grabataire, impotent, qui n’était plus au courant de la chose politique, veut encore détruire le peu d’acquis qui reste à la Guinée. Cellou Dalein Diallo, puisqu’il s’agit de lui, ce petit-fils de Karamoko Labé, est devenu l’un des hommes les plus riches de la Guinée en se servant de l’argent du contribuable pendant le règne d’un Général Lansana Conté en fin de carrière politique.
C’est justement au crépuscule de ce règne que certains fonctionnaires de son entourage, véreux, malhonnêtes et avides de gains se sont employés à vider les caisses de l’Etat et vendre les patrimoines de l’Etat pour remplir leurs poches. Ainsi nos avions s’envoleront pour toujours à cause de la cession d’Air Guinée. Les 12 bateaux de pêche de la Guinée seront vendus. Les rails du chemin de fer reliant Conakry-Kankan seront bazardés. Outre les centaines d’unités industrielles de la première république, l’usine d’alumine de Fria sera vendue à 10% de sa vraie valeur réelle. Le projet hydro-électrique de Garafiri sera saboté et plusieurs patrimoines bâtis de l’Etat seront vendus à vil prix. Aujourd’hui, le principal coupable de ces crimes économiques aspire toujours à briguer la magistrature suprême. Ce n’est qu’en Guinée
qu’on peut voir ça.
En 2008, après la disparition du général Lansana Conté des suites d’une longue maladie, un groupe de militaires s’empare du pouvoir et met à sa tête le Capitaine Moussa Dadis Camara qui, après avoir engagé plusieurs chantiers, le malheureux événement du 28 septembre 2009 viendra accélérer le mouvement pendulaire de l’histoire. Dadis sera victime d’une tentative d’assassinat le 3 décembre 2009 et sera remplacé par son ministre de la défense, le général Sékouba Konaté.
Ce dernier usera de son influence sur l’armée pour conduire la transition démocratique en organisant les élections présidentielles de 2010 qui ont permis l’avènement d’un civil au pouvoir depuis la disparition du président Ahmed Sékou Touré.
Désormais, c’est le Pr. Alpha Condé qui dirigera les destinées du pays de M’Ballia Camara, Saïfoulaye Diallo, Hadja Mafory Bangoura, Lansana Béavogui, Jeanne Martin Cissé, Fodéba Kéita et tant d’autres qui se sont sacrifiés pour la Guinée.
Après son investiture le 21 décembre 2010, le président de la 3e république engagera entre autres, les réformes macro-économiques, la mise en place des institutions républicaines, la réforme de l’armée, le développement du secteur agricole, les états généraux de la justice et l’indépendance énergétique.
Autant dire que la construction du barrage hydroélectrique de Kaléta a permis à la Guinée d’avoir son indépendance énergétique. En ce sens qu’aujourd’hui, l’électricité est fournie 24 h/24 dans plusieurs villes de la Basse Guinée et de la Moyenne Guinée. C’est ce qui a fait dire le président Nigérien Mahamadou Issoufou que « Grâce à Kaléta, Conakry ressemble à un diamant ».
Avec Souapiti, Foumi, Koukoutamba, la Guinée disposera tellement d’énergie qu’elle pourra commercialiser l’excédent de sa production aux pays voisins.
Le secteur agricole n’est pas en reste. Le Gouvernement d’Alpha Condé a boosté ce secteur en mettant à la disposition des paysans tous les intrants pour permettre à la Guinée d’atteindre l’autosuffisance alimentaire.
Le nouveau code minier et la récupération des concessions minières de Simandou (un des plus grands gisements de fer inexploités du globe, et un des plus grands projets miniers en attente) dans les mains du richissime franco-israélien Beny Steinmetz, ne sont-ils pas suffisants pour montrer combien le secteur minier est porteur aujourd’hui dans l’économie guinéenne.
Sur le plan diplomatique, la Guinée est désormais dans le concert des nations. Ayant réglé toutes ses cotisations dans les instances sous régionales, régionales et internationales, la Guinée a repris la place qui était sienne au temps de la 1ère république. Pour s’en convaincre il suffit d’évoquer ici la dernière visite du locataire de Sékhoutouréya aux Etats-Unis, en marge de la 74ème session de l’ONU, qui fut une grande réussite. Plusieurs contrats ont été signés, notamment dans les domaines des transports aériens, des mines et des travaux publics entre autres.
L’organisation des fêtes tournantes dans les régions ont permis de construire des infrastructures administratives et sociales dignes de ce nom dans plusieurs villes du pays.
Des hôtels ont poussé dans la capitale comme des champignons. Si les investisseurs étrangers partaient passer la nuit dans les pays voisins et revenir le matin, aujourd’hui ils ont du mal à quitter Conakry même après leurs missions.
Force est de reconnaître donc, que malgré les interminables manifestations et villes mortes de l’opposition pour empêcher le gouvernement de travailler et les insuffisances relevées dans la constitution promulguée eu 2010 par le Général Sékouba Konaté, des progrès ont été réalisés dans tous les domaines.
C’est à la lumière de l’expérience acquise durant ces 9 ans de pouvoir d’Alpha Condé que des consultations ont été engagées par le premier ministre Ibrahima Kassory Fofana en vue de proposer une nouvelle constitution au peuple de Guinée qui sera légitime et qui tiendra compte des insuffisances de l’actuelle constitution.
Aujourd’hui, il semble que les uns et les autres ont eu le temps de faire, honnêtement, des comparaisons entre les régimes successifs, des recoupements, des analyses et tirer des conclusions qui situent les faits et réalisations dans leurs contextes. Même si cela n’occulte en rien l’insuffisance des infrastructures et l’atteinte aux droits de l’homme, il est normal d’enseigner la vraie histoire à la nouvelle génération en lui expliquant la valeur du « Non » historique du président Ahmed Sékou Touré et montrer les réalisations de la 3ème république.
Une véritable fierté que des intellectuels pervers et des extrémistes qui ont de l’aversion pour toute action qui n’est pas entreprise par leur ethnie continuent de remettre en cause ce non historique du père de la nation et nier les actes posés par Alpha Condé depuis 2010. Ainsi, ces débauchés sur le pavé en Occident à la plume veineuse et haineuse focalisent-ils toutes leurs critiques sur Sékou Touré, Sékouba Konaté, Dadis Camara et leur actuel chou gras, le président Alpha Condé.
N’en déplaise à ces pseudos intellectuels, ethnocentristes et jusqu’au-boutistes, qui font honte à leur formation politique, Ahmed Sékou Touré, Lansana Conté, Sékouba Konaté et Alpha Condé dont les noms s’identifient désormais à l’histoire guinéenne resteront gravés dans la mémoire collective pour leur action positive dans l’accession de notre pays à l’indépendance, dans la libéralisation économique du pays de Saïfoulaye Diallo , dans l’instauration de la vraie démocratie de la patrie de Lansana Béavogui et dans le développement économique et social de la Guinée.

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