La Société minière de Boké-Winning Africa Port (SMB-WAP): une référence dans l’industrie de la bauxite en Guinée

La Société minière de Boké-Winning Africa Port (SMB-WAP): une référence dans l’industrie de la bauxite en Guinée
0 commentaires, 22 - 2 - 2016, by admin

Par El Béchir, à Conakry
La jeune Société minière de Boké est bien positionnée pour devenir à terme un acteur majeur dans l’industrie guinéenne de la bauxite.
La Société minière de Boké-Winning Africa Port (SMB-WAP) est un jeune consortium guinéo-chinois innovant à maints égards dans l’industrie de la bauxite en Guinée. Il n’a commencé sa production commerciale que le 20 juillet 2015 et déjà il offre de grandes opportunités au pays, si on fait le comparatif avec les autres compagnies opérant dans le secteur. Ce démarrage comble, sans conteste, un déficit énorme dans la mise en valeur rationnelle du potentiel minier guinéen.
Pour une politique rationnelle dans le secteur de la bauxite
Sur six décennies d’indépendance, la Guinée n’avait que deux compagnies de bauxite et seulement 7 pour cent de parts sur le marché mondial. Son sous-sol lui offre pourtant un double avantage qui lui aurait permis de s’enrichir suffisamment et assez vite pour assurer son développement dans tous les secteurs : il abrite les deux-tiers des réserves mondiales et celles-ci ont la meilleure teneur. Les gouvernements successifs n’ont pas assez pris conscience de cet atout inestimable pour multiplier assez tôt les compagnies de bauxite dans le pays, augmenter considérablement la production et exporter massivement vers les pays qui possèdent des raffineries d’alumine et d’aluminium. Le cursus alumine-aluminium, pour être rentable, demande une haute technologie et une capacité à produire beaucoup d’énergie à faible coût. La Guinée n’a pas cette double capacité. Par contre, la Chine a une forte demande de matières premières et produit une grande quantité d’énergie à coût réduit, notamment grâce à sa production abondante de charbon. Avec son « barrage du siècle », sa production sera décuplée et sa demande de matières premières, et notamment de bauxite, s’accroîtra d’autant.
C’est justement en Chine que le consortium SMB-WAP exporte sa production, depuis le port fluvial de Katougouma, à Boké, dont le coût dépasse 100 millions USD.

Un projet conforme au nouveau code minier

La genèse du projet s’est faite sous la supervision d’une commission ad hoc créée par le très rigoureux ancien ministre des Mines et de la Géologie Kerfala Yansané en 2013. Toute les étapes ont été respectées : l’autorisation de recherche sur une zone non cadastrée et non répertoriée, et puis un permis de recherche, qui a mis en évidence un petit gisement, et enfin les études de faisabilité et d’impact environnemental et social, qui ont permis d’obtenir un permis d’exploitation.
Les opérations ont été très vite et la production a commencé dès juillet 2015. En janvier 2016, l’exportation est passée à un million de tonnes par mois. Les infrastructures du port de Katougouma ont été conçues pour exporter jusqu’à 20 millions de tonnes par an, avec une capacité d’extension à 30 millions de tonnes. Dans les années à venir la SMB-WAP sera sans nul doute un leader dans l’industrie guinéenne de la bauxite.
Le port s’étend sur 40 hectares et répond parfaitement aux normes pour devenir un port international. Les ports de Conakry et de Kamsar ne sont pas capables de recevoir les navires Cape Size, de plus de 175 000 tonnes. Or, la seule manière de rendre la bauxite guinéenne compétitive est de la transporter dans de très grands navires. À la SMB-WAP, elle est transportée jusqu’aux bateaux minéraliers stationnés au large. Le littoral guinéen est connu pour avoir une faible profondeur. Un port en eau profonde ne pourrait être la solution, car il faudrait aussi un chenal profond et long de plus de 20 kilomètres pour que les gros navires arrivent à accoster.
Le chargement des gros navires se fait grâce à des grues géantes de transbordement. Il a lieu en présence de la douane et de la société de contrôle SGS. Ainsi, toutes les quantités exportées sont connues.
Afin que l’exportation et le paiement des taxes se passent dans une transparence totale, la commission interministérielle mise en place par le ministre Kerfala Yansané a désigné deux organismes de contrôles indépendants, hormis les officiers de douane : la SGS, pour la quantité et la qualité exportées, et PWC, le plus grand cabinet d’audit et de conseil juridique au monde, pour le paiement des taxes en devises. La tranquillité n’a pas de prix, aiment dire les dirigeants de la Société minière de Boké.
La société ne bénéficie d’aucune exonération ou vacance fiscale ni d’aucun contrat particulier. Elle applique strictement le nouveau code minier. Aujourd’hui, elle est certainement un des plus gros contributeurs au Trésor public, après seulement quelques mois d’opérations.
Pour chaque tonne exportée, l’État perçoit environ 2,5 USD. Ce chiffre est basé sur le LME à Londres, car la SMB-WAP ne bénéficie d’aucune exonération fiscale. Ce n’est pas le cas de maintes sociétés minières opérant dans le pays. C’est en tout cas le taux le plus élevé au regard du nouveau code minier. En exportant un million de tonnes par mois environ depuis janvier 2016, la société contribue pour 2,5 millions USD par mois en devises.
À toutes les phases de l’exploitation de la bauxite, les normes environnementales et sécuritaires sont respectées. Le nouveau code minier est très explicite sur ces points, et la Société minière de Boké les respecte scrupuleusement. Des études aux normes internationales ont été effectuées et toutes ses recommandations ont été suivies. Ces études ont fait l’objet de restitutions publiques, comme la loi le prévoit.
La société investira en tout environ 500 millions USD. À ce compte, elle devra attendre plusieurs années pour amortir son investissement et commencer à distribuer des profits.
En ce qui concerne le recrutement des travailleurs nationaux et expatriés relativement au code guinéen du travail, qui veut qu’à compétence égale, un national ait la priorité sur un expatrié, la Société minière de Boké a fait plus que respecter la loi. Une première dans l’histoire minière de notre pays, le président du conseil d’administration est guinéen, le directeur général, établi en Guinée depuis de longues années, est marié a une Guinéenne et en voie d’être légalement naturalisé. Le directeur financier, le responsable de la logistique, le responsable de la construction et de l’entretien routier, les responsables communautaires et les constructeurs de la base-vie et des ateliers sont tous guinéens. Seuls les postes techniques dans la construction du port sont dévolus aux expatriés. Et ils s’en iront dès après la fin des travaux. Progressivement, le personnel de la société deviendra presque entièrement guinéen et les expatriés n’y compteront que pour 0,2 pour cent. Ces quotas répondent à des impératifs réglementaires, éthiques et surtout pratiques.
Les travailleurs sont très bien payés et bien traités. Le président du conseil d’administration y veille personnellement. Comme la loi le prévoit, les travailleurs sont en train d’organiser leur syndicat, avec son soutien. Le salaire de base pour les moins qualifiés est cinq fois et demi fois le SMIC. Ils sont nourris, logés et soignés.
Les droits des populations riveraines du périmètre d’exploitation sont également respectés. Bien avant de commencer les opérations, la Société minière de Boké a construit un centre de santé, un centre de formation et plusieurs écoles pour les collectivités locales. Après avoir compensé financièrement les terres occupées, pour environ 3 millions USD, elle a aménagé de nouvelles zones de cultures. Elles seront suffisamment financées pour devenir très productives. Les compensations ont eu lieu publiquement et en présence des autorités. Les taxes superficiaires sont également payées publiquement. Plusieurs comités locaux ont été mis en place et sont en lien direct avec la direction générale à travers un cadre permanent de concertation destiné à discuter de tous les problèmes et à prévoir les conflits entre la société et les collectivités.
Afin d’être à la pointe de l’ITIE et de la coalition PCQVP (Publiez Ce Que Vous Payez), la Société minière de Boké a choisi un organisme international, PWC, pour certifier les paiements en devises faits au Trésor public des taxes pour chaque navire. Le décompte est disponible à la Douane, à la BCRG et au Trésor. Pour les taxes superficiaires, il est disponible à la Préfecture de Boké.
Ainsi, la SMB-WAB est parfaitement en ordre avec le nouveau code minier, le code guinéen du travail et les autres textes réglementaires.

Exporter plus de bauxite pour enrichir le pays

À l’évidence, tant que la Guinée n’aura pas d’énergie bon marché, elle ne pourra pas être compétitive dans le secteur des raffineries d’alumine et à plus forte raison d’aluminium. Même le barrage hydroélectrique de Souapiti, ajouté aux installations thermiques et aux autres barrages existants, ne pourra pas couvrir les besoins domestiques de tout le pays, à plus forte raison produire suffisamment d’énergie pour les besoins de l’industrie lourde.
Une politique intensive dans l’industrie de la bauxite favorisera des exportations significatives, comme l’ont fait l’Australie et l’Indonésie, par exemple, et enrichira le pays. Elle lui donnera ainsi les moyens d’augmenter ses capacités énergétiques, de créer ses propres industries de transformation et donc d’accroître la valeur ajoutée et la création d’emplois dans le pays. C’est une question de bon sens. Marchons d’abord, nous courrons ensuite.
La Société minière de Boké, avec ses perspectives prometteuses, est bien partie pour constituer un segment important d’une telle politique.

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