Discours prononcé au nom du Chef de File de l’opposition, à l’occasion de la cérémonie inaugurale du lancement de la Semaine nationale de la Citoyenneté et de la Paix

Discours prononcé au nom du Chef de File de l’opposition, à l’occasion de la cérémonie inaugurale du lancement de la Semaine nationale de la Citoyenneté et de la Paix
0 commentaires, 2 - 11 - 2016, by admin

Excellence Monsieur le Premier Ministre Chef du Gouvernement,
Excellences Mesdames et Messieurs les Présidents et Membres des Institutions Républicaines,
Mesdames et Messieurs les Membres du Gouvernement, Distingués Ambassadeurs et Représentants des Institutions et Organisations Internationales, Mesdames et Messieurs les Représentants des Organisations de la Société Civile,
Mesdames et Messieurs les Représentants des Partis Politiques, Mesdames et Messieurs les Hauts Cadres de l’Administration Centrales et des Forces de Défense et de Sécurité, Monsieur le Gouverneur de la Ville de Conakry,
Mesdames et Messieurs les Elus Locaux des Communes de Conakry, Mesdemoiselles, Mesdames et Messieurs de la dynamique presse Guinéenne, Mesdames et Messieurs, Chers Concitoyens,
L’Honorable Elhadj Mamadou Cellou Dalein Diallo, Président de l’Union des Forces
Démocratiques de Guinée (UFDG), Chef de File de l’Opposition, est absent, en ce moment, de Conakry.
En son nom, au nom de l’UFDG et de l’Opposition, nous saluons cette magnifique assemblée et de façon toute particulière, toutes les personnalités nationales ainsi que les distingués Représentants de Pays amis, d’Institutions et Organisations Internationales qui ont bien voulu, honorer de leur présence cette cérémonie inaugurale de la première édition de la semaine Nationale de la Citoyenneté et de la Paix. Nous adressons nos compliments bien mérités à tous ceux qui se sont impliqués, de près ou de loin, pour assurer la réalisation de cette action essentielle devant permettre à notre pays d’aller de l’avant. Nous soutenons et encourageons vivement tous ceux qui auront cette année, sur l’ensemble du territoire national, des rôles à jouer pour la pleine réussite de cette Semaine dont le thème central porte sur : Citoyenneté et Civisme pour la Paix, la Démocratie et le Développement.
Nous lançons un appel pressant à tous nos concitoyens, où qu’ils se trouvent dans l’espace territorial national et l’étranger pour qu’ils participent, sans aucune distinction, aux côtés des guinéens de leur voisinage à des activités d’éducation, de sensibilisation et de promotion de culture citoyenne, de la culture de la paix ainsi que des valeurs démocratiques et républicaines. Nous n’hésitons pas, un seul instant à rendre justice, à cette bonne occasion, à notre compatriote le Ministre Khalifa Gassama DIABY qui s’est distingué ces dernières années par son engagement sincère et total à promouvoir le respect des droits et libertés citoyens et l’émergence d’un Etat respectueux des droits de l’Homme en Guinée.
Nous souhaitons que le virus du découragement ne l’atteigne jamais sur le bon chemin de la mise en œuvre de l’ambitieux programme de renaissance nationale dans lequel il propose avec conviction aux guinéens de s’engager.
A l’UFDG et au sein de l’Opposition, nous partageons pleinement la préoccupation concernent non seulement la situation de la citoyenneté prévalant actuellement en Guinée mais aussi l’impérieuse nécessité de la redresser.
La Guinée, notre pays, est historiquement la conjonction de territoires et de populations mis ensemble par le fait colonial depuis les dernières décades du XIX siècle. Ces populations qui s’étaient distinguées en Afrique de l’Ouest par une résistance farouche à la domination étrangère ont été aussi les seules de la Sous-Région, après statut colonial de 60 ans, à suivre massivement leurs élites dans l’option pour l’indépendance nationale le 28 septembre 1958.
C’était à l’occasion du Referendum que le Général Français Charles De-Gaulle avait décidé d’organiser en vue de constituer entre la France et ses colonies une communauté Franco-Africaine. Les Guinéens d’aujourd’hui dont l’identité porte une forte marque de fierté sont les héritiers d’un processus de brassage qu’ont vécu leurs devanciers sous les férules successives du régime colonial et des pouvoirs autoritaires qui se sont succédé depuis l’accession à l’Indépendance.
Ils ont un pays merveilleux occupant une position géostratégique enviée et constitué de quatre régions naturelles dont les écosystèmes et les grandes potentialités de ressources naturelles se complètent avec bonheur.
Ces guinéens ont également un héritage culturel riche et varié grâce auquel le pays a occupé, dans un passé récent une place de choix dans le concert des Nations Africaines et à travers le Monde.
Il faut cependant relever que malgré toutes les luttes menées et les sacrifices consentis aux différentes étapes de notre histoire, l’enfantement d’une société démocratique et d’un Etat de droit se font toujours attendre.
La citoyenneté qui doit être la marque dominante du comportement de tout membre dans une société se voulant démocratique n’est pas encore au rendez-vous. Heureusement que tout le monde en est conscient et que chacun, fait au moins, semblent d’en être préoccupé. Le déficit de citoyenneté est présent dans tout le corps de la société guinéenne contemporaine :
 dans les Institutions et les organisations sociales ;
 dans les administrations publiques centrales et déconcentrées ;
 en ville et en campagne ;
 dans les corporations professionnelles ;
 dans les centres d’activités ;
 dans la circulation ;
 etc. etc…
Ce déficit est présent dans tous les lieux « du vivre ensemble » des guinéens. Les Institutions et personnes chargées de promouvoir la citoyenneté ont l’air d’avoir totalement démissionné et ce, depuis relativement longtemps.

En la matière, il semble même qu’au fil du temps, il y a eu des reculs. Il est incontestable que la citoyenneté est faite de droits et de devoirs. Les droits civils, politiques, sociaux et culturels des guinéens ainsi que leurs devoirs sont clairement définis dans notre Constitution notamment dans ses articles de 5 à 26 ainsi que dans d’autres textes de Lois. Les obligations de l’Etat en matière d’application desdites dispositions légales sont aussi clairement définies, en particulier, pour ce qui concerne le respect et la protection des droits humains. De ce fait, si l’Etat de droit fonctionnait correctement dans notre pays, nous n’en serions pas là. Malheureusement, il ne faut pas hésiter de dire que dans notre Pays, l’Etat a été et est encore, le principal prédateur des droits de l’Homme.
Il est encore l’acteur le plus défaillant dans la promotion d’une citoyenneté responsable, qui est pourtant le vecteur indispensable d’un civisme pouvant soutenir la paix sociale et contribuer de façon significative à l’épanouissement de la démocratie et au développement du Pays. La justice qui est la colonne vertébrale de l’Etat a été carante tout au long de l’histoire de la Guinée indépendante. Elle peine aujourd’hui encore à assumer convenablement ses responsabilités.
En particulier, les violations graves et répétées de droits humains sont restées régulièrement impunies. Or, comme l’a dit si justement Navy Pillay, Ancienne Haut-Commissaire des Nations Unies pour les Droits de l’Homme, « l’impunité est le combustible le plus puissant des droits de l’Homme ». En Guinée, l’impunité gangrène tous les secteurs de la vie publique. Elle fragilise la vie sociale et participe au freinage du développement.
A l’UFDG et à l’Opposition, nous sommes d’accord et prêts pour que tous les acteurs intéressés et concernés agissent ensemble et chacun dans sa sphère de compétence, et de toute urgence, afin que l’incivisme se réduise dans les meilleurs délais et que progressivement nous réussissions à construire une citoyenneté guinéenne capable de contribuer à l’édification d’une société démocratique ouverte au développement. Pour relever le défi et parce que l’exemple doit venir d’en haut, il faut que les acteurs institutionnels de tous les niveaux s’engagent tous à corriger, améliorer ou renforcer les mesures de leur ressort pouvant concourir au développement de la citoyenneté.
Il faut qu’au niveau et au sein de nos Institutions Républicaines, les guinéens ne soient pas regardés et traités en fonction de leur appartenance ethnique ou politique. Il faut qu’au niveau de la superstructure gouvernementale et au sein des administrations centrales, les guinéens ne soient pas regardés et traités en fonction de leur appartenance ethnique ou politique.
Il faut que, sur toute l’étendue du territoire national, les agents d’autorité de l’Etat que sont les Gouverneurs, les Préfets, les Sous-Préfets ainsi que tous les cadres responsables des services déconcentrés territoriaux veillent avec la plus grande rigueur sur le traitement égal à appliquer à tous les guinéens. La Société Civile dont c’est la vocation doit accepter de jouer pleinement son rôle en prenant cette question fondamentale de la citoyenneté à bras le corps.
Elle doit dénoncer de façon véhémente toutes les défaillances en la matière et s’engager résolument et continuellement dans la formation et la sensibilisation des citoyens. Les Partis Politiques rendus, non sans raison, responsables des dérives impactant négativement la citoyenneté doivent prendre conscience de leurs défaillances et les corriger dans leur intérêt bien compris ainsi dans celui Supérieur de la Nation toute entière.
Pour terminer, je voudrais dire que la pleine mise en œuvre des recommandations contenues dans le rapport que les co-présidents de la Commission Provisoire de Réflexion sur la Réconciliation Nationale remis au Président de la République le 29 juin 2016 et le respect des conclusions du dernier dialogue politique consignées dans l’accord du 12 octobre créeraient progressivement un terrain fertile au rétablissement et au renforcement de la citoyenneté pour le plus grand bénéfice de l’Etat Républicain de Guinée.
Je vous remercie !

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