Esclavage au Fouta? la réponse musclée et déroutante du journaliste Amadou Diouldé Diallo à Mansour Kaba

Esclavage au Fouta? la réponse musclée et déroutante  du journaliste Amadou Diouldé Diallo  à Mansour Kaba
0 commentaires, 14 - 1 - 2017, by admin

Par Amadou Diallo, à Oyem ( Gabon )
À dire vrai, je m'étais imposé une obligation de réserve durant cette CAN. Mais, les contre-vérités, non, plutôt, les âneries à foison et â répétition de ce manchot intellectuel de Mansour Kaba me font reconsidérer ma position pour rétablir à mes yeux la vérité sur des faits historiques incontestables.
Je commencerai par le point concernant l'esclavage au Fouta pour dire qu'il est bien postérieur à celui qui a eu cours au Manding, codifié dans la charte de Kourou Kanfuga. "Le Manden Kalikan", la constitution, en un mot, en son article 20 qui stipule que"l'esclave appartient au maître et non son sac et qu'il a droit à un jour de repos".
La charte, adoptée dans le village de Kangaba au Mali en 1236, donc une année seulement après la bataille de Kirina, comportait 44 articles et a servi de base de répartition des rôles des différentes familles présentes.A noter que les Kaba n'y étaient pas et seront bien plus tard alignés sur les "Morikanda lolu", c'est- à - dire les cinq familles maraboutiques.
Les premiers Peuls, mais païens, sont arrivés au Fouta en 1490. Les "Poulis" qui fondèrent le royaume Denianké par le père et le fils Koly Diadié et Koly Tenguela. Ce n'est qu'au début du 17e siècle que la deuxième vague peule musulmane débarque au Fouta. Celle-ci prend définitivement possession du plateau du Fouta par la guerre sainte ou djihad. Alors,on en vient à la conclusion que les Malinkés ont pratiqué l'esclavage des siècles avant les Peuls.
Faut-il souligner aussi que la première vague d'esclaves était constituée de Diallonkés et "mécréants" soumis de force à la religion. Les "Tunnabhés", comme on les appelle. Mais la seconde vague comprenait bien les victimes des razzias de l'Almamy Samory Touré en Haute Guinée et vendues comme esclaves aux chefs Peuls contre du bétail pour nourrir son armée. L'humanisme de ces chefs Peuls a même fait épargner la vie aux invendus que Samory exécutait sous prétexte que c'était des bouches inutiles à nourrir.
NB: je suis heureux d'écrire ces lignes en étant à 363 kilomètres de N'diole dans l'Ogoué ici Gabon où Samory mourut en déportation le 2 juin 1900. Je vais m'y rendre dans les jours à venir.
Aujourd'hui, l'esclavage n'existe plus au Fouta. N'est esclave que l'inculte et l'oisif. Ce malgré, l'obstination démentielle de Mansour Kaba qui en a fait un cheval de bataille dans sa haine contre les Peuls alors que chez lui en Haute Guinée, il ne représente absolument rien. ET pour le lui prouver, ses parents ont préféré Alpha Condé qu'il dénonce comme étant celui qui n'aimait les Malinkés en France et qui avait pour amis les Soussous et les Peuls. Ses parents, dis-je, ont préféré celui qui ne sait pas parler correctement le Malinké et qui n'a pas de village prouvé à lui. Mansour Kaba poussant son rejet jusqu'à donner en mariage à Alpha Condé Diené Kaba sa tante ou cousine. Je ne sais pas la nature de leurs relations tant les Kaba sont en clans: "Kadra"et "Kandra"de Karfamoriya à Soumankoi en passant par Kabada, Djinkono et Timbo .
Je pense aussi que Mansour Kaba doit être de ces Kaba descendants de celui qui fut trahi par sa femme préférée. Celle-ci se serait infiltrée dans le vestibule de son mari alors que ce dernier avait demandé de l'épargner de ses obligations de mari parcequ' il devait être en retraite cette nuit pour recevoir un grand pouvoir des mains des djinns.
Il se dit dans la Savane que la plupart de cette descendance meurt célibataire et que c'est ce grand pouvoir qu'aurait reçu Samory annoncé en rêve sous forme d'un gros serpent autour des reins de son père Lanfia Touré. S'agissant de la présence de Alpha Kabinet Kaba, faux et archI faux. Mansour. Le Fouta n'a eu l'aide de personne pour créer son Royaume Théocratique. Ce sont d'abord trois marabouts, Alpha Amadou Kolladhé, l'initiateur, représentant le "Horé Nano": Kolladhé, Koîn et Timbi, Thierno Mamadou Cellou dit Karamoko Alpha Mo Labé et Alpha Ibrahimà Sambegou dit Karamoko Alpha Mo Timbo, représentant le "Haccoundé Maadie": Timbo, Fodé Hadji, Bhouria, Fougoumba et Kebaly qui se réunirent à Kankalabé avant que la constitution ne soit adoptée et promulguée, élargissant les " Diwés" à neuf. Faisant de Timbo la capitale, Bhouria, le siège de l'Assemblée, Fougoumba, siège de la Cour Suprême, Bodié;siège de la Haute Cour de Justice et Kankalabé le lieu de grâce absolue.
A ces trois marabouts cités plus haut, il faut ajouter Thierno Mamadou Samba Bhouria, Thierno Sadio Fougoumba, Thierno Moussa Kebaly, Thierno Saliou Balla mo Koîn, Thierbo Souleymane Timbi et Fodé Issaga, un Malinké de Fodé Hadji entre Timbo et Dabola. Le Fouta Djallon n'avait rien à envier à personne sur le plan de la culture islamique .
Il est demeuré un foyer incandescent de l'islam avec 171 walious, ckeiks, chérifs et autres érudits parmi lesquels, on peut citer les cousins, arrières petits fils, de Karamoko Alpha Mo Labé, Thierno Mamadou Samba Mombéya, Thierno Sadou mo Dalein, Thierno Boubacar Poti, Thierno Aliou Bhoubha Ndiyan et son maître Thierno Doura Sombili ou encore Thierno Billo Bouroudji, Thierno Maviatou Mâci, thierno Sanoussy Gongoré, Thierno Siré Bouroukadié, Thierno Ibrahimà Compaya, Thierno Ibrahima Mbemba, Thierno Rassidou Foroya etc .
Mansour Kaba est un amnésique. Le mieux pour toi serait de ravaler ta langue au lieu de sortir des monstruosités. Je t'apprends que Sory Birama Condé qui a incendié la mosquée de Timbo fut vaincu en compagnie de sa soeur Fanta en 1789 lors de la sanglante bataille de Siragouré, près de Bantignel par Keoulen, un des fils du deuxième Almamy du Fouta, Ibrahima Sory Mawdho et Thierno Mamadou Dian, le courageux arrière grand père de Alpha Yaya et fils de Karamoko Alpha Mo Labé. il mourut à Timbo des suites de ses blessures. Il y repose.
S'agissant des Houbbous, la secte vit le jour à compaya dans le Labé avec Thierno Diouhé et gagna le Timbi avec Thierno Iliassa. A la mort de Thierno Diouhé, son fils lui succéda et alla s'installer à Laminaya du côté de Dabola et Faranah, donc aux portes pour ne pas dire sur les terres de l'Almamy Samory Touré. C'est pourquoi, c'est une coalition qui vint à bout de Abbal et de ses hommes dans la forêt de Fitaba à Boketo, à Marela en 1871.
Cellou Dalein Diallo y perdit son arrière grand père direct, Thierno Saliou Dioulnowo et un de ses frères, tous deux fils du Waliou Thierno Sadou mo Dalein. Il faut noter que Alpha Yaya Diallo, né en 1850 à Foulamory dans Gaoual et l'Almamy Bocar Biro sont contemporains. Samory est de 1830, soit 30 ans d'écart. C'est vrai que l'islam et la résistance à la pénétration coloniale avaient rapproché les deux hommes mais au point de voir Bocar Biro dépendre en tout de Samory qui était pris en tenailles par les Français au point de se réfugier dans la sylve où il fut d'ailleurs arrêté le 28 septembre 1898 à Guélémou précisément. Or la bataille de Porédaka à eut lieu le samedi 14 novembre 1896. C'est plutôt l'entêtement de Bocar Biro à ne pas écouter même son fils et général de ses armées, Mody Sory, qui trouva la mort dans la plaine de Bombey,sur place (il y repose) qui précipita la défaite.sans compter que Bocar Biro, qui avait pris le pouvoir de force suite au décès de son père Almamy Oumar de retour de la bataille victorieuse de Tourban Kansala dans le N'gabou contre Diankewali Sané, (Almamy oumar repose à Dombiadji, Gaoual), avait violé la constitution en mettant fin à l'alternance Alphaya - Soriya, se mettant ainsi à dos tous ses frères et tout le Fouta.
Pourtant les premiers signaux de la contestation lui avait été adressés lorsque, pourchassé, il parvint à s'exiler dans le Monoma et le Kebou, Telimelé, qui constituèrent une armée sous la direction du Heleyanké Thierno Amadou Kidiré qui le ramena triomphalement après la meurtrière bataille de Petel Djiga dans Mamou.
Enfin, Mansour Kaba, si Cellou Dalein Diallo n'a pas été élu président,c'est parce qu' il a été organisé en 2010 et 2015 la plus grande mascarade électorale du monde sur fond de planification d'un génocide peul.
Souviens toi de la chasse aux Peuls dont certains, brûlés vifs, expropriés à Siguiri, Kankan et Kouroussa à Banankoro, l'affaire de l'eau empoisonnée, les exactions au Fouta avec le commandant de Issa Camara et ses hommes et quoi encore. Les morts, les blessés, les prisonniers, les pillages, les vols, et viols dans les quartiers Peuls, les injures et les humiliations des forces de l'ordre essentiellement Malinkés tout comme l'administration publique jusque dans les ambassades à l'étranger. Tout est Malinké parceque pour vous c'est "ANGBANSALE " au nom d'une prétendue supériorité je ne sais de quelle essence . Vous oppressez les autres composantes de la communauté nationale particulièrement les Peuls que vous méprisez simplement. Vous les enviez pour leur ardeur au travail, leur intelligence et leur culture en vous réfugiant derrière une fameuse unité nationale qui est un slogan. En vérité, vous ne pouvez pas vivre en dehors de l'Etat parceque vous n'apportez rien à l'économie nationale .
Mansour Kaba, saches que l'histoire ne fera pas de grimaces. Elle se répétera douloureusement, dramatiquement peut être mais elle se répétera infailliblement .Tout comme tu peux être sûr et certain que le jour où le soleil va selever sur la Guinée avec Cellou Dalein Diallo, le président est arrivé.Tu en mourras je le sais si d'ici là tu ne seras pas un fossile de l'histoire .
Encore une fois, le Fouta Djallon n'a pas eu besoin du Manding pour exister et n'en aura jamais besoin. Que cela soit dit et écrit partout.
Amadou Diouldé Diallo, journaliste et historien

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