Cameroun : l'armée accusée d'avoir exécuté des femmes et des enfants

Cameroun : l'armée accusée d'avoir exécuté des femmes et des enfants
0 commentaires, 12 - 7 - 2018, by admin

Sur une vidéo, pour l'instant ni datée ni authentifiée, deux hommes en tenue militaire exécutent deux femmes et leurs deux enfants. Une enquête a été ouverte sur la vidéo d’exécution de deux femmes et leurs deux enfants, soupçonnés d’appartenir au groupe djihadiste Boko Haram.
La vidéo dure plus de deux minutes et circule sur les réseaux sociaux. On y voit deux femmes, l’une porte un bébé sur le dos, l’autre tient une petite fille par la main. Derrière elles, deux hommes en uniforme de l’armée, munis de pistolets-mitrailleurs, les forcent à avancer. Ils bandent les yeux des femmes, mettent un tee-shirt sur la tête de la petite fille, reculent, puis tirent près d’une vingtaine de fois. L’homme qui filme s’approche des corps sans vie, ensanglantés, avant d'arrêter la vidéo.

Pour l’instant, la vidéo devenue virale n’a pas été datée et authentifiée. Deux sources sécuritaires camerounaises ont néanmoins indiqué que la vidéo pourrait avoir été filmée dans une zone montagneuse dans l’extrême-nord du Cameroun. Région frontalière où demeurent certains bastions nigérians de Boko Haram, le groupe islamiste lié à Al-Qaïda. L’armée camerounaise y est présente pour lutter contre le groupe djihadiste, et elle est régulièrement accusée de perpétrer des exactions contre des personnes soupçonnées d’appartenir au groupe Boko Haram, ce qu’elle a toujours démenti.
En 2015, Amnesty International dénonçait déjà dans un rapport des exactions de l'armée dans la lutte contre Boko Haram.
Un "horrible trucage" selon le porte-parole du gouvernement
Cette fois-ci, le porte-parole du gouvernement Issa Tchiroma Bakary a dénoncé une "fake news". "Il s’agit d’une malheureuse tentative de transfiguration de la réalité et d’intoxication du public, un horrible trucage" affirme-t-il, expliquant que "des voix off ont été approximativement apposées sur des séquences visuelles". Il a néanmoins ajouté que le chef de l’Etat, Paul Biya, avait "prescrit l’ouverture d’une enquête conformément aux usages en la matière".
Mais une ONG locale, le Réseau des défenseurs des droits humains en Afrique centrale (Rhedac), a affirmé avoir "recoupé" les informations contenues dans cette vidéo et dit être en mesure d’attester son "authenticité". Sur RFI, la militante Maximilienne Ngo Mbe dénonce : "C'est un pas qui a été franchi et il est urgent que les autorités du Cameroun prennent des mesures adéquates. Que ces éléments soient arrêtés sans condition et dans l'immédiat [...] et qu'ils soient punis."
L' OBS

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