Aliou Condé de l' UFDG : " ils oublient qu' Air Guinée était l'avion présidentiel.Cellou Dalein était-il capable de vendre cet avion ?"

Aliou Condé de l' UFDG :
0 commentaires, 10 - 7 - 2014, by admin

L'actuel secrétaire général de l'Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), le député Aliou Condé, et aussi ancien ministre des transports, a brisé le silence pour expliquer au micro de Guinéenews les dessous de la cession des actifs de la compagnie Air Guinée. Vous êtes avec Cellou Dalein dans la cession d’Air Guinée, votre réaction ? Aliou Condé : Mon nom est sur la liste. Mais je n’ai jamais été appelé dans le dossier. Et je pense que beaucoup de fonctionnaires comme moi n’ont jamais été appelés dans ce dossier. Ce qui met un peu la crédibilité du rapport en jeu. Pourquoi ? Parce que c’est un montage qu’ils ont voulu faire. C’est le dossier où ils ont fait le montage, une partie en ce qui concerne Elhadj Cellou. Expliquez-nous ce montage ? Aliou Condé : Qu’ont-ils fait ? Ils ont voulu rebondir sur la signature d’Elhadj Cellou sur l’acte de cession des actifs d’Air Guinée. C’est vrai qu’il a signé l’acte avec le ministre de l’Économie et des finances. Mais une fois qu’il a signé cet acte, qu’a-t-on fait ? Vous reverrez dans le rapport, si vous l’avez lu, on vous dit qu’ils ont fait des enquêtes au ministère des finances et à l’unité de privatisation, qu’il n’y a jamais eu de dossiers sur Air Guinée, qui a été présenté au Conseil des ministres. Donc, le gouvernement guinéen n’a jamais discuté du problème d’Air Guinée. Voyez-vous le schéma ? Ont-ils cherché le dossier au bon endroit ? S’ils ne l’ont pas trouvé comme ils le disent au ministère des finances, l’ont-ils cherché au Conseil des ministres pour savoir si la question a été discutée ou pas ? Mieux, Cellou était-il le seul ministre ? Pourquoi n’ont-ils pas interrogé les autres ministres du gouvernement pour savoir si la question a été débattue ou pas ? Je crois qu’on doit être sérieux. L’affirmation est trop légère pour dire que le Conseil des ministres ne s’était pas tenu et que Cellou a décidé seul. Et mieux, ils disent que le directeur de l’unité de privatisations, un haut responsable du ministère des finances. Ils disent que c’est lui qui aurait dit que c’est Elhadj Cellou, ministre des transports, qui n’est pas son ministre de tutelle, qui lui aurait donné des instructions, pour préparer le décret et l’acte de cession. Ils disent Qu’il l’a fait à l’insu de son ministre, le ministre de l’Économie et des finances. Cela ne tient pas la route. C’est parce qu’ils n’ont pas d’acte contre Elhadj Cellou qu’ils fabriquent des allégations pareilles. Ils oublient qu’Air Guinée était l’avion présidentiel. Cellou est-il capable de vendre cet avion en catimini, à l’insu de tous le gouvernement sans que personne ne proteste ? Si cela était vrai, le Premier ministre ou un ministre quelconque aurait dénoncé la décision unilatérale d’Elhadj Cellou pour avoir procédé à la vente de ce patrimoine national ? Mais ce n’est pas jouable. Pour mieux comprendre les dessous, c’est quoi la cession d’Air Guinée ? Aliou Condé : depuis 1984 à la prise du pouvoir par l’armée, il a été décidé que l’Etat ne soit plus un commerçant, qu’il ne fasse plus de prestation de service. Donc, le discours-programme du 22 décembre 1985 a fixé la ligne directrice de développement de la Guinée. A partir de là, la privatisation a commencé. Je ne dirais pas qu’elle s’est bien passée mais les décisions sont venues de là. Et mieux, en ce qui concerne Air Guinée, la Banque mondiale et le Fonds monétaire international (FMI) ont toujours demandé au gouvernement de privatiser Air Guinée parce que la compagnie n’était pas rentable. Allez chercher les rapports du FMI depuis 1996, vous verrez qu’à chaque revue du FMI en Guinée, la privatisation d’Air Guinée a été demandée. Pourtant, le président Alpha Condé se demande souvent dans ses sorties le fait que seule la Guinée ne dispose pas aujourd’hui d’une compagnie aérienne ? Aliou Condé : on veut faire croire que la Guinée fait exception. il y a un seul pays en Afrique qui a échappé à la débâcle de l’aéronautique. Le seul pays, c’est Ethiopian Airlines. Toutes les autres compagnies qui ont existé sont subventionnées : Royal Air Maroc, Air Algérie, Kenya Airways, la South Africa ways. Mais toutes les autres compagnies ont fait faillite : Air Zaïre du Congo, Air Cameroun, Air Nigéria, Air Ghana, qui lui à sa liquidation avait 50 millions de dollars de dette. Air Ivoire, qui a été repris par Air Ivoire numéro 1, numéro 2, numéro 3, avec des injections de l’argent de l’Etat et avec l’aide d’Air France, Air Sénégal, Air Mali, tous sont partis. En Europe, Sabena, Suisse Air, aux Etats-Unis, la TWA ou la Panam Air. Le secteur aérien est trop complexe. Bon, revenons à la cession des actifs d’Air Guinée… Aliou Condé : Un seul avion qui est en même temps l’avion présidentiel, avec près de 500 travailleurs, il fallait le faire. Et mieux, au moment de la privatisation, l’avion était tombé en panne. La facture s’élevait à deux millions de dollars et quelques. On venait de sortir de la guerre avec la rébellion. Le ministère des finances n’avait pas d'argent. L’avion était en panne, il fallait l’envoyer ? Qui a payé la facture ? Mais c’est Mamadou Sylla. Et ce n’était pas la première facture qu’il payait pour le compte de l’Etat. L’Etat était incapable d’entretenir son avion. Faites vos enquêtes, quand Air Guinée a été dissoute, Air Guinée devait dans toute la sous-région. Donc, la question de privatisation ne se posait pas. La Banque mondiale nous a assistés pour la privatisation d’Air Guinée. Elle nous a envoyés un cabinet Suisse pour voir dans quelle mesure on peut aller à la privatisation. Elhadj Cellou a fait des efforts avec les marocains pour le partenariat. Mais ils ont dit non parce que Conakry c’est 300 mille passagers, Dakar, un million de passagers contre 1,3 millions de passagers pour Abidjan. Ils ont préféré le Sénégal où le tourisme y est beaucoup plus développé. Voilà comment Air Sénégal international a vu le jour avec des capitaux marocains. La Guinée n’était pas une destination, c’était cela la situation d’Air Guinée. Les gens oublient que dans toutes les agences, Air Guinée avait beaucoup de dettes. On allait continuer jusqu’à quand ? L’aviation n’est pas comme Magbana. Quand un avion tombe en panne, il y a des dates pour les révisions, il y a des nombres de vols prévus. Si vous ne faites pas les réparations, vous n’aurez pas le certificat de navigation. La pagaille est dans tous les secteurs sauf dans l’aéronautique, c’est le secteur le plus serré. La rigueur qui existe dans le secteur aéronautique n’existe nulle part. Il ne faut pas s’asseoir pour crier à la fierté nationale, l’orgueil national, que la Guinée doit avoir son avion, mais si on n’a pas les moyens de sa politique. Aujourd’hui, en Afrique, toutes les compagnies nationales sont mortes. Aucun État ne peut supporter la subvention. C’est un gouffre sans fond. Quand il décolle, il peut prendre des tonnes de carburant alors qu’il y a dix passagers peut-être. Or, la seule recette, c’est le prix de ces passagers…. Donc, forcément, la Guinée ne pouvait pas continuer avec Air Guinée, il fallait le privatiser. Et la privatisation s’est faite dans les règles de l’art en fonction des circonstances. C’était un avion en révision. Dans le prix de vente, on a fait déduction du montant de la révision. Le gouvernement, sortant de la rébellion, ne pouvait pas supporter. Vous parlez de montage et si les autorités poussaient l’affaire à la justice ? Aliou Condé : nous ne sommes pas des gens nés hier. Nous sommes sereins. Avez-vous lu une inquiétude sur notre visage. Je vous dis que nous sommes délivrés et contents. Ils ont ouvert un boulevard pour 2015. Toutes les accusations portées contre nous tombent. Tous les hésitants vont nous rejoindre. Beaucoup vont adhérer à l’UFDG. Ce que la justice fera, je ne voudrais pas présumer de ce qui sera devant. Lisez le rapport vous-mêmes, vous verrez qu’il n’y a rien dedans et que les milliards attribués à Elhadj Cellou, ils n’ont pas pu les mettre en évidence. In guineenews

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