"Alpha Condé est Mossi Balafré ( ... ) Il m'a donné 40 millions pour chanter Kaleta. J'ai mangé l'argent et j'ai refusé d'aller avec lui", révèle Elie Kamano

0 commentaires, 8 - 10 - 2014, by admin

Il avait réussi à occuper la première place de la tribune des reggaemans de Guinée. De nos jours, Elie Kamano dont l’image devient plutôt moins présente sur la scène musicale, reste quand même un acteur engagé. Dans cet entretien qu’il nous a accordé, l’artiste évoque avec notre reporter, des sujets qui défraient l’actualité et l’évolution de la musique urbaine en Guinée. Afrique zoom : Elie Kamano , hier artiste Hip-hop , aujourd’hui artiste reggaeman et vous réussissez à fasciner vos fans avec. Dites-nous qu’est-ce qui a motivé cette migration artistique ? Elie Kamano : c’est parce que le rap n’avait plus d’avenir à mes yeux et objectivement, j’ai décidé de changer de fusil d’épaule. Il y a trois raisons qui m’ont poussé à faire la musique. La première c’est parce que j’ai toujours voulu me faire entendre. La deuxième, je voulais atteindre le niveau de ceux qui se sont fait entendre à l’échelle mondiale et la troisième, c’était pour gagner ma vie. Afrique Zoom : Nous constatons que le dance-all a pris le dessus sur le rap, comment parvenez-vous à remonter la pente ? Elie kamano : Non mon frère ! C’est le contraire, aujourd’hui, le rap est mort en Guinée, et le danchall ne va jamais dominer, parce que les deux plus grands artistes de la musique urbaine et toutes catégories confondues, c’est TakanaZion et Elie Kamano. Et personne ne peut dire le contraire et mes rapports avec Takana Sont bons . La jeunesse guinéenne doit être fière d’avoir deux grands artistes qui ont dépassé les frontières pour s’affirmer à l’étranger. Et quant à notre divergence, elle est d’ordre idéologique mais nous luttons pour la même cause. Afrique Zoom: A l’image du mouvement ‘ y en a marre ’ au Sénégal, Elie Kamano a lancé un mouvement appelé ‘’ je n’en veux plus’’. Dites-nous les raisons et quelles sont les méthodes de travail ? N’êtes-vous pas entrain d’aller sur un terrain qui n’est pas le vôtre ? Elie kamano : J’avoue qu’aujourd’hui, je suis connu pour un artiste qui réveille les consciences. Mon combat et ma lutte ont fait de moi un artiste de 1er plan dans ce domaine. Comme Thomas Sankara l’avait fait, je dois me lever pour changer le pays. Je l’avais déjà fait au temps de Lansana Conté. Souvenez-vous de mon album, où j’ai dénoncé farouchement le système jusqu’à son écroulement. Même chose avec le régime de Dadis Camara même étant forestier. Et après, j’ai observé 4 ans de silence pour donner la chance à la démocratie pour laquelle je me suis battu. Mais j’ai constaté que cette démocratie est aujourd’hui malade et très malade. Parce que les personnes qui sont censées être la solution, sont devenues un problème. Après analyse, j’ai compris que ces gens-là ne peuvent pas être chassés par une chanson. Il faudra maintenant joindre les paroles aux actes. Je ferai en sorte que le mouvement ‘’ je n’en veux plus ‘’ réussisse à se débarrasser d’Alpha Condé en 2015. Comme l’avait fait le mouvement y ‘en a marre avec le Président Wade.Et je ne vais pas fuir cette dictature, Dadis a été le premier et il sera le dernier. Afrique zoom : Vous êtes artiste ‘’neutre’’ et pourquoi êtes-vous dur contre le Président Alpha Condé ? Elie Kamano : Alpha Condé n’est pas Guinéen, son vrai nom, c’est Alpha Koné. Il a falsifié son extrait de naissance en 1990. Son père vient de Burkina-Faso. Il est mossi balafré. C’est pourquoi, quand vous partez à Mafanco , vous demandez le foyer mossiah , les gens vous montrent sa maison. De plus, la mère d’Alpha Condé ne vient pas de Boké, elle vient du Mali. Si vous constatez, beaucoup de contrats sont aujourd’hui donnés aux Burkinabés et aux Maliens et c’est déplorable. C’est comme si en Guinée, on n’a pas d’entreprises. Le Président Alpha a voulu me corrompre, il m’a donné 40.millions pour aller chanter devant Kaléta, j’ai mangé l’argent et j’ai refusé d’aller avec lui. Afrique zoom : Quel regard portez-vous sur les événements de womey ? Elie kamano : La situation de la fièvre Ebola a été mal gérée en Guinée. Pour les cas d’assassinats survenus à Womey, comment comprenez-vous que les bourreaux deviennent enquêteurs ? Je crois que ça appelle à réfléchir. Afrique zoom : Votre dernier mot à propos de l’Afrique et ses événements de ce dernier temps ? Elie kamano : Je suis un artiste panafricain, mais je regrette de constater le problème d’intégration dans la sous-région. Moi, j’ai été à la frontière de l’Ethiopie. Là, pour passer, on m’a demandé le visa alors que L’Ethiopie abrite le siège de l’union africaine (UA) et c’est regrettable. Le FMI qui nous donne de l’argent, la CPI et les autres contribuent à notre échec. Il faut donc une monnaie continentale, une armée continentale et une véritable intégration. Afrique Zoom

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