Amara Camara : je n'ai ni l'intention d'être ministre encore moins premier ministre"

Amara Camara : je n'ai ni l'intention d'être ministre encore moins premier ministre
0 commentaires, 27 - 12 - 2013, by admin

Cette mise au point est de l'ambassadeur de Guinée en France. Son nom : Amara Camara. Il vient d'accorder une interview à nos confrères de guineenews. Nous vous livrons l'intégralité de l'interview. Guinéenews© : M. l’ambassadeur depuis 2011, vous êtes ici en qualité d’ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la République de Guinée en France. Comment se portent, aujourd’hui, les relations entre la Guinée et la France ? Amara Camara : Merci beaucoup pour cette opportunité que vous m’offrez. Je suis un ambassadeur heureux, heureux dans la mesure où les relations avec la France n’ont cessé de s’améliorer sur tous les plans. En atteste la dernière visite du président de la République, qui était une visite simple et, au cours de laquelle, la France nous a honorés et a satisfait toutes nos demandes au-delà de nos espoirs. Pour ceux qui connaissent la tradition française, si vous avez vu le président de la République à sa sortie de l’Élysées, vous aurez remarqué qu’il a été accompagné jusque devant les journalistes par le président Hollande. C’est peut-être inédit ! Il a tenu à l’accompagner là, affirmer que c’est un ami personnel de longue date et qu’il nous soutenait. Pour l’ambassadeur que je suis, je ne pouvais pas demander mieux. Donc, à nous maintenant d’amplifier, de continuer à faire notre suivi. Au cours de la même visite, le MEDEF (le mouvement des entreprises de France, Ndlr), c’est-à-dire, le patronat français a reçu le président de la République avec les honneurs, tout l’arsenal et avec tout l’enthousiasme. Ce qui augure d’une prochaine arrivée massive d’investisseurs français en Guinée. On avait l’impression que tout cela a été conditionné par les élections législatives qui sont passées. Les débats ont quitté la rue pour se retrouver à l’assemblée, ce qui n’est profitable à notre pays. Guinéenews© : On comprend bien que les relations se portent très bien aujourd’hui entre la Guinée et la France. Cet état des faits s’explique peut être par le fait que la Guinée a pu finalement organiser les législatives. Vous voulez dire M. l’ambassadeur ? Amara Camara : Oui ! Je veux absolument parler de législatives mais, avant les législatives, avec une élection du président de la République en 2010. Il a prêté serment le 21 décembre 2010. Election transparente, élection démocratique. Ce qui a fait de notre pays un pays avec une image hautement plus positive à l’étranger. Il nous restait forcément à faire ces élections législatives qui sont maintenant derrière. Et comme vous le savez, l’opposition a accepté de siéger. Ce qui va nous permettre de progresser, d’avancer un peu plus dans l’intérêt de notre pays. Guinéenews© : A l’époque, lorsque la Guinée peinait à organiser ses législatives, comment est-ce que vous avez vécu ces instants ? Est-ce que le Quai d’Orsay, les autorités françaises vous mettaient la pression dessus ? Amara Camara : (Rires) je vivais cela avec beaucoup de peine et de douleur pour mon pays le fait qu’on n’arrivait pas à organiser parce qu’il y avait beaucoup de choses qui dépendaient de ces élections. Vous aviez le dixième FED (Fonds européen de développement, Ndlr), on avait le point d’achèvement, on avait une ensemble d’engagements qui étaient liés à ces élections. Nous avons mis du temps, ici, à convaincre nos partenaires français que ce n’est pas nous qui ne voulions pas organiser les élections. Mais, que ce sont, ceux d’en face qui avaient peur d’aller aux élections. Finalement, on a été suivi. La France tout comme la communauté internationale, tout le monde a compris qui ne voulait pas de ces élections-là. Je n’ai pas eu de pressions particulières mais j’ai eu une campagne d’explications. Guinéenews© : Faut-il donc comprendre, M. l’ambassadeur, que le MEDEF…, la France sont prêts à revenir en Guinée et investir ? Amara Camara : Le 21 novembre dernier, le MEDEF a reçu le président de la République. Ils avaient plus de quarante entreprises françaises dont celles cotées au CAC 40. La France est prête à nous accompagner, le président Hollande l’a affirmé publiquement devant les caméras du monde entier qui étaient dans la cour de l’Élysée. La Guinée, avec les grandes potentialités que nous avons, n’a aucun souci à se faire. Si nous travaillons dans le sens du bien être de nos populations et de notre pays, les conditions de développement seront réunies. Il suffit simplement que nous ayons des hommes pour le faire. Guinéenews© : Du côté de Conakry, les députés ont été élus mais, la première session parlementaire tarde à s’ouvrir. Vous qui êtes intimement lié au président de la République, qu’est-ce qui, selon vous, explique cela ? Quand est-ce que, probablement, les députés pourront siéger ? Amara Camara : C’est plutôt constitutionnel. Dès l’instant où les élections ont été faites, la séparation des pouvoirs fait que le président de la République ne peut pas s’ingérer dans l’organisation du parlement. Ce sont les textes qui le disent. Je pense que notre assemblée devrait rentrer le plus rapidement possible en fonction dans la mesure où les préalables ont été levés, les résultats ont été acceptés. Le CNT (Conseil national de transition, Ndlr) avait des textes à revoir, j’espère qu’ils l’ont vus et qu’ils vont céder la place. En tout cas, toutes les dispositions ont été prises. J’ai moi-même assister à des réunions avec l’assemblée nationale française qui va accompagner les nouveaux députés dans leur travail, y compris dans le bureau de l’assemblée. Guinéenews© : Vous vous réjouissez du fait que l’opposition a finalement accepté de siéger au parlement. Cette décision est quelque part mitigée dès l’instant où un des ténors de cette opposition, je veux parler de Lansana Kouyaté, préfère plutôt adopter la politique de la chaise vide. Amara Camara : Je vous laisse votre qualificatif de ténor. Vous savez, deux députés sur cent quatorze, c’est un non-événement. Donc, je préfère ne pas commenter cet aspect-là. Les patriotes qui ont voté, des guinéens qui ont voté, qui ont élu les députés siègeront. Au moins cent douze sur cent quatorze, pour moi, c’est un épiphénomène. Guinéenews© : La France, Paris, c’est l’ancienne métropole. Bon nombre de nos compatriotes séjournent ici. Il y a aussi des exilés ici, des politiques qui ont demandé l’asile. Je pense notamment à un certain Bah Oury et tant d’autres guinéens mais aussi, aux principaux opposants qui séjournent par moment dans l’Hexagone. Quelle est la nature de vos rapports avec eux ? Amara Camara : Je ne connais pas d’opposants. Je ne connais que des Guinéens qui, s’ils viennent ici, seront chez eux. Mais, par essence, un exilé ou celui qui a le statut de réfugié est réputé ne pas appartenir à ce pays-là. Mais, tout guinéen qui viendra ici sera chez lui, la porte est ouverte. Je l’ai dit dès le premier jour, nous sommes au service des guinéens. Quand un problème se pose, on le pose en tant que problème. On ne dit pas : « c’est monsieur Lamah, c’est monsieur Camara, c’est monsieur Diallo ». Mon rôle, c’est de considérer chaque guinéen qui vient ici comme représentant de l’ensemble de la population guinéenne. Donc, on essaie de le traiter en tat que tel. Je ne m’occupe pas des politiciens. Chacun peut rentrer ici avec ses opinions mais notre rôle, ce n’est pas de faire des meetings politiques ici ni de faire de la contestation. Nous sommes au service de l’ensemble de nos compatriotes quelque soit leur opinion. Dès l’instant où vous êtes guinéen, vous êtes chez vous à l’ambassade. Guinéenews© : En France, vit une forte communauté guinéenne. A combien peut-on estimer aujourd’hui la communauté guinéenne de France ? Amara Camara : Nous sommes largement au dessus des cinquante mille. Il y a plusieurs types de guinéens. Vous avez des guinéo-guinéens, qui n’ont que la nationalité guinéenne. Vous avez les franco-guinéens qui sont de plus en plus nombreux. C’est la génération de nos enfants. Vous avez, ce que vous avez appelé des réfugiés, des guinéens qui sont ici avec d’autres types de nationalité. Quand vous faites le recensement, c’est assez compliqué. Mais, il comprend grosso modo un peu plus de cinquante mille. Guinéenews© : La représentation diplomatique se trouve, ici, à Paris. Quand est-il des ressortissants qui sont dans les autres contrées de la France ? Nous avons aussi des consulats honoraires qui sont souvent décriés. Très souvent des ressortissants du sud sont contraints de quitter leur localité d’origine pour se rendre à Paris (nord) pour établir des documents administratifs. Comment est-ce que vous arrivez à gérer ce flux ? Amara Camara : On essaie de faire de notre mieux pour satisfaire les besoins de nos compatriotes qui sont disséminés un peu partout en France. On a, pour le moment, trois consulats honoraires qui, simplement, pour des raisons de sécurité, n’ont pas les droits de chancellerie. Nous avons, comme vous le savez, le système de visa pour permettre aux gens de rentrer chez nous. Nous aimerons savoir qui va chez nous, c’est un minimum. S’agissant de l’organisation de nos communautés ici, dans chaque ville et région, vous avez des associations. Ces associations sont coordonnées par la coordination des associations des guinéens de France (ACAGF) avec qui nous sommes en contact permanent. Elle est à la portée du guinéen partout où il se trouve. Malheureusement, nos moyens étant limités, nous ne pouvons pas accéder à l’ensemble des communautés presque périodiquement. Nous essayons à chaque fois que nous le pouvons, d’aller vers eux, discuter avec eux et quand il y a des réunions, ici, qui regroupent les associations, je fais de mon mieux pour y participer. L’ambassade est au service des guinéens. Je pense que, avant de partir, si le temps vous le permet, ce serait important de demander aux guinéens eux-mêmes ce qu’ils pensent de l’ambassade. C’est difficile pour moi de faire une promotion de cette ambassade, ce n’est pas mon rôle. Je fais de mon mieux, comme je le disais à nos compatriotes, je préfère les critiques. Dites-moi les insuffisances pour que nous les corrigions, plutôt que ce qui s’est amélioré déjà. Mais, pour nos amis de provinces, il reste beaucoup de choses à faire. J’en suis conscient mais, ils savent, par exemple, que quand ils viennent pour des documents, pour tout ce qui est état civil, nous essayons de le faire dans la journée pour qu’ils n’aient pas ni à rester ni à revenir. De la sorte, nous l’avons élargi à toutes les provinces. On essaie d’avoir des contacts précis avec les associations en provinces pour connaitre leurs problèmes. Et quand ils font des réunions, quand ils ont des activités, soit j’y vais soit je me fais représenter. Guinéenews© : Un peu plus haut, parlant de la réception du président Alpha Condé à l’Élysée, vous disiez que le président français l’a raccompagné jusqu’au niveau des journalistes. Ça veut donc dire, qu’en plus du réchauffement de l’axe Paris-Conakry, ils se connaissent tous deux. Je viens maintenant à la Françafrique qui a longtemps été décriée. Vous qui êtes au cœur de Paris, dans les coulisses, les rouages… Quelle est, aujourd’hui, monsieur l’ambassadeur, votre perception de la Françafrique ? Amara Camara : Je peux déjà vous donner l’intitulé du dernier sommet, ce n’était pas ‘’sommet Françafrique’’. C’était ‘’le sommet de l’Élysée’’. Ça c’est le premier signe de changement. Le deuxième signe, c’est le rapport avec l’Afrique. La France est d’accord que l’Afrique est un partenaire important pour sa propre croissance économique, important pour son poids politique. Donc, à ce titre, l’approche que l’actuel gouvernement français a, est une approche gagnant-gagnant. C’est-à-dire, nous investissons au profit des populations, ça permet aux entreprises de travailler. Il n ya plus du out de complexe. Le seul hic que nous avons et qui reste un problème, c’est de voir que nous avons encore besoin de la France pour intervenir en France et maintenant en République centrafricaine. Je pense que la leçon est bien apprise à tel point que dans des meilleurs délais, une force d’intervention rapide africaine va se mettre en place avec les moyens. La France a accepté de former, d’équiper et d’aider à renseigner. Donc, ce sont des résultats concrets de cette nouvelle coopération Afrique-France. Parce que, nous sommes un poids économique, nous deviendrons une puissance économique au cours de ce vingt et unième siècle. Nous sommes, après l’Asie, le continent qui a le taux de croissance le plus élevé. Et cela compte dans la nouvelle donne au niveau de la coopération entre la France et l’Afrique. Guinéenews© : Vous faites bien de parler de l’Asie, particulièrement de la Chine qui investit énormément en Afrique. Ne pensez-vous pas que la France, qui est quelque peu réticente, sera encouragée en voyant la Chine venir sur ‘’son territoire’’ en terre africaine ? Amara Camara : Vous donnez la réponse votre question. (Sourires). Vous savez, il y a quelques années seulement un responsable français disait que : « la France n’avait pas besoin de l’Afrique, c’est l’Afrique qui avait besoin de la France ». Il aura fallu l’arrivée de la Chine en Afrique, l’arrivée massive au niveau des investissements en Afrique pour que les autres s’intéressent à nous. Pour qu’on considère que nos petits deux pour cent, de l’époque dans le commerce international, étaient important pour le futur. C’est ce qui a fait ramener l’intérêt de tous ces grands pays vers le continent africain. Ça ! Nous le devons à la présence chinoise. Ceci dit, ce n’est pas une fin en soit la Chine, l’investissement, d’où qu’il vienne, doit obéir d’abord à nos intérêts. Que nous soyons capables de définir nos intérêts, que nous soyons capables de contrôler et de discuter, uniquement, des intérêts du pays. Pas de nos intérêts personnels. La Chine, comme n’importe quel autre partenaire, aura besoin de nous. Vous devez le savoir, la Chine importe le maximum de fer d’Afrique. Vous le savez aussi, nous avons vingt milliards de tonnes de réserve, la plus haute teneur, actuellement, de gisement connue se trouve en Guinée. Donc, il y a de fortes chances que la Chine et les autres pays seront prêts à venir et investir. Nous avons les conditions locales maintenant, nous espérons une situation de calme, comme je vous l’ai dit tout à l’heure, que le débat se déplace de la rue vers le parlement. Guinéenews© : Revenons à la représentation diplomatique qui est le miroir de la Guinée en France. Aujourd’hui, les autorités guinéennes ambitionnent, dans un premier temps, amener la Guinée au monde avant de ramener le monde vers la Guinée. Nous constatons que l’ambassade a fière allure. Il y a quelques temps, ce n’était pas le cas. Comment est-ce que vous êtes parvenu à avoir ce nouveau décor M. l’ambassadeur ? Amara Camara : On a simplement utilisé les ressources qui étaient mises à notre disposition au profit de la Guinée, c’est-à-dire, de sa représentation. Tout ce qui a été fait ici depuis que je suis ambassadeur, je n’ai pas reçu un centime de subvention. J’ai mon budget de fonctionnent, mes recettes consulaires. C’est simplement gérer les biens de l’État au service de l’État. C’est tout ce qu’on a fait ici. Tout ce qu’il y a, ici, a été financé sur fonds propres. Nous n’avons pas demandé un centime. Je dis toujours à mes collègues que nous sommes un pays pauvre. C’est vrai ! Mais, ça ne nous interdit pas d’être propres. Ce qui est fait est minime par rapport à ce qui aurait pu être fait. J’aimerais, à chaque fois que vous ferez le tour, faites des critiques. Je préfère qu’on corrige les critiques que de m’encourager ou de me flatter C’est ce qui a été fait, je considère que c’est normal. C’est une simple question de gouvernance et savoir où se trouve l’intérêt du pays par rapport à un certain type d’intérêts. Donc, le peu qu’on a fait ici, ça ne nous a pas demandé beaucoup d’efforts. Ça nous a demandé simplement qu’on soit en accord avec notre conscience, notre conviction et les règles de bonne gouvernance. Guinéenews© : Généralement, nos représentations diplomatiques à l’étranger sont souvent confrontées à des problèmes de trésorerie. La plupart du temps, on accuse un grand retard dans le paiement des salaires qui se fait trimestriellement. Quand est-il ici ? Concrètement, parlez-nous-en. Amara Camara : Concrètement, quand j’ai commencé, on avait eu un retard de plus de six mois. Plus de deux trimestres, pour des pères de famille, c’était inadmissible. Comme vous le savez, le président de la République a dit qu’il ne voulait pas de diplomates mendiants. Il a donné des instructions de tout faire pour que nous soyons payés en temps et en heures. Je peux vous dire aujourd’hui, que le troisième trimestre a été payé, les salaires sont arrivés et nous sommes à jour, ici, dans cette ambassade. Aucun membre de l’ambassade n’a té contraint à quitter son logement parce qu’il n’a pas payé le loyer. Nous avons, en amont, fait en sorte qu’il y ait toujours, à leur service, une alerte. Tous nos collègues sont dans la même situation. Le président veille personnellement à ce que nous soyons payés en temps et en heure. Si vous ne payez pas les gens en temps et en heures, ils seront tentés de faire des choses qui ne sont pas moralement acceptables. Donc, jusqu’à ce jour, depuis un an et demi, nous n’avons pas de problèmes de cette nature. Mieux, depuis que je suis ici, nous n’avons pas eu de coupure ni de gaz ni d’électricité. Nous sommes à jour dans nos factures. Nous avons payé toutes les factures jusqu’au 30 novembre. Guinéenews© : Le personnel diplomatique est estimé à combien de personnes ici ? Amara Camara : Nous avons une vingtaine de personnes qui travaillent ici dont huit avec le statut local, les douze autres qui ne sont pas forcément diplomates mais qui sont nommés sur arrêté. Ils émargent sur le budget national avec tout ce que ça comporte. Avec le personnel, ce sont nos ressources et une partie de notre budget de fonctionnement. Guinéenews© : Nous tendons vers la fin de cet entretien mais bien avant focalisons nous sur votre titre de délégué permanent auprès de l’organisation des nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO). Amara Camara : Vous savez, de petits pays comme les nôtres n’entretiennent pas deux ambassades. Ceux qui en ont les moyens, ont la délégation dirigée par un ambassadeur différent de l’ambassadeur bilatéral. Je représente notre pays auprès de l’UNESCO et il y a une commission nationale en Guinée, présidée par le ministre de l’enseignement supérieur. Cette commission s’occupe des relations entre la Guinée et l’organisation des nations unies pour l’éducation, la science et la culture. Comme vous m’en donnez l’occasion, je dois, ici, remercier tous ceux qui, en Afrique ou ailleurs, ont fait confiance à la Guinée. Nous sommes revenus au conseil exécutif de l’UNESCO, l’équivalent du conseil d’administration. Nous avons été bien élus. C’est-à-dire que nous sommes arrivés premier, ce qui n’était pas encore arrivé dans notre histoire. Premier du groupe Afrique, cent soixante six État membres nous ont fait confiance. Cerise sur le gâteau, ma candidature pour présider le comité spécial, le seul comité qui revenait à l’Afrique, a été demandé par un grand pays comme le Nigéria. Ce comité, je le préside depuis le 22 novembre dernier. Tout cela, nous le devons à quoi ? Nous le devons à la nouvelle image de notre pays, au retour de la Guinée sur la scène internationale. Vous savez, pendant longtemps, j’ai été fonctionnaire dans cette organisation. J’ai longtemps vécu ici. C’est le président Alpha Condé qui m’a fait l’honneur de me nomme ici. Si je n’avais pas été nommé ambassadeur, je ne suis pas sûr que qu’aujourd’hui, je serai membre du conseil exécutif de l’UNESCO. Donc, justice soit rendue au président de la République, que justice soit rendue au peuple de Guinée qui a mis un régime démocratique en place. Guinéenews© : Monsieur l’ambassadeur, nous tendons vers la fin de cette interview. Bien avant que vous ne fixiez, tout à l’heure, l’objectif de cette caméra, pour votre message de choix à tous ceux qui vous liront, toute la diaspora guinéenne, la Guinée ainsi que les amis de la Guinée, vous devez avoir des perspectives pour les années à venir. Votre vision des choses en tant que diplomate et représentant de l’État guinéen en France. Ce que vous comptez faire pour votre pays dans les prochaines années. C’est même possible qu’on vous retrouve à Conakry comme Premier ministre. Surtout qu’en ce moment, il y a des tractations en coulisse pour nommer un nouveau Premier ministre (Rires). Amara Camara : Je vous rassure tout de suite que le peu que je fais ici me suffit largement. Je n’ai pas l’intention d’être ni ministre encore moins Premier ministre. Ce que j’ai à dire à mon pays, c’est un pays qui a des potentialités à tel point qu’il n’y a aucune raison de désespérer. Nous avons tous les atouts pour faire de notre pays, dans les meilleurs délais, un pays émergent. Un pays qui a plus de six millions d’hectares de terres fertiles, qui a quarante milliards de tonnes de réserves de bauxite, qui a vingt milliards de tonnes de réserves de fer en haute teneur, qui a une population jeune qui ne demande qu’à travailler et à qui je m’adresse ici. Surtout les jeunes de la diaspora formée dans les universités, qu’ils viennent en masse, rentrer dans leu pays pour faire ce qu’il y a de mieux pour eux. Servir leur pays, servir la patrie, servir notre population. Maintenant que l’assemblée a été mise en place, que les débats d’idées commencent. Qu’on arrive à parler de programmes, de projets pour notre pays plutôt que de débats de rue. Donc, mes chers frères et sœurs, chers compatriotes où que vous soyez, mettez d’abord la Guinée en avant et vous verrez que nous irons en avant. Merci. Source ; guineenews

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