" Les autorités doivent défendre les intérêts des ONG auprès des bailleurs", plaide un responsable de l'ONG UDID

0 commentaires, 24 - 4 - 2018, by admin

Propos recueillis par Tierno Yimbering Diallo
Ils sont jeunes. Ambitieux. Et, pourraient servir de modèle, d'exemple à suivre dans un pays qui manque de tout. Où monsieur tout le monde est livré aux pires difficultés de l'existence. Sous la bannière d'une ONG, dénommée UDID , mise en place en 2011, ces compatriotes, venus des quatre coins de la Guinée, ont un sacré défi à relever. Leur cheval de bataille: améliorer les condtions de vie des populations guinéennes. Contre vents et marrées. Vaille que vaille. Six ans déjà. Des résultats concrets. Visibles sur le terrain. L'ONG se veut pragmatique. Aux antipodes des discours creux, improductifs et démagogiques, propres à l'élite locale. Pour en savoir un peu plus sur l'ONG UDID, nouvelledeguinee.com a tendu son micro à un de ses responsables. Lisez cet entretien. A mille lieues de la langue de bois.
Nouvelledeguinee.com: bonjour. Pouvez-vous présenter votre ONG à nos lecteurs?
UDID: l' ONG UDID a été créée en 2011. Au départ, l'idée, c'était de réunir tous les ressortissants de Mali autour d'une ONG pour le développement de la préfecture. Donc, on est parti dans ça pendant une période. Et, on a compris que ça prenait une dimension beaucoup plus nationale. Finalement, on a abandonné l'idée de création d'une ONG préfectorale pour la transformer en ONG nationale. Donc, la dernière version de l'ONG nationale a été retenue.
A date, l'ONG a fait beaucoup d'activités. Elle regroupe beaucoup de personnalités venues de divers horizons. L'ONG a évolué depuis 2011. UDID a réussi à décrocher beaucoup de projets.
La première activité que nous avons eue à faire pour le baptême de feu, c'est de venir en aide aux sinistrés de Madina Kouta. Depuis ce jour, on a eu à exécuter beaucoup de projets, notamment le projet de nutrition avec l'UNICEF, le projet de sensibilisation contre les mutilations génitales féminines avec l'ambassade des Etats-Unis, le projet de Kérouané destiné à aider les enfants orphelins d'Ebola, qui est déjà en cours d'exécution. Il y' a aussi le projet de nutrition 2eme phase avec l'UNICEF, parce que la première a été vraiment réussie. En plus, nous avons réussi à décrocher le projet de rénovation et d'extension de l'école primaire de Mali 1, qui est déjà terminé. La réception technique a déjà eu lieu. Le bailleurs est très satisfait. La population également. Donc, on se prépare pour l'inauguration.
Nouvelledeguinee.com: pourquoi vous séjournez actuellement dans la préfecture de Mali?
UDID: dans nos activités, on avait eu l'idée de se battre pour voir si on peut avoir des possibilités de coopération entre des villes guinéennes et des villes européennes. Donc, quand on a eu l'idée, on s'est mis en contact avec notre compatriote, Lansana Béa Diallo ( ... ) Nous lui avons soumis le projet (... ) Il nous a demandé de mûrir l'idée, d'en faire un projet. C'est ce qu'on a fait. On a mené des démarches auprès du président de l'Association des Communes de Guinée. UDID leur a donné mandat de faire un choix. Parce que, nous, on voulait un projet national. Donc, on a pris quatre préfectures, c'est-à-dire une préfecture par région naturelle. Donc, nous avons monté le projet, on a envoyé à Béa. Au départ, Mali ne faisait pas partie. Donc, quand il a étudié le projet, c'était tellement intéressant, il dit: je veux bien aider. Mais, je voudrais qu'on expérimente dans ma préfecture aussi ( NDLR: Mali ). Il dit: incluez la préfecture de Mali. On a repris le projet. On a mis cinq, dont la préfecture de Mali. Après délibération, on nous a fait comprendre que la préfecture de Mali a été retenue. On a mené les démarches auprès des mairies pour leur informer de l'enjeu de ces jumelages et les premiers contacts ont été noués. Une première délégation s'est rendue à Bruxelles, notamment le secrétaire exécutif de l'ONG et le maire de Mali. Donc, de tractations en tractations, le projet a été retenu. Eux aussi, ils ont jugé nécessaire de se rendre dans la préfecture de Mali pour voir comment est ce que les gens vivent, comment est ce que les institutions fonctionnent, voir si on peut quitter le domaine du rapprochement pour aller vers le jumelage qui inclut beaucoup, beaucoup de projets.
Nouvelledeguinee.com: que comptez-vous apporter concrètement aux populations de Mali?
UDID: je dirai que ce jumelage, à l'image des autres qui en ont bénéficié, est une grande chance pour les populations de Mali. C'est une coopération dans tous les domaines. Dans les domaines des infrastructures, dans le domaine de la santé, éducation, dans le domaine du sports, de la culture, du tourisme. Donc, c'est un échange. Un échange de compétences. Ils peuvent, comme eux, ils ont des contacts partout, ils ont la crédibilité, ils connaissent les bailleurs, avec eux, on peut travailler pour monter beaucoup de projets . Eux, ils se battent pour avoir les financements. Comme exemple, en 2017, on a monté un projet que, eux-mêmes, ils nous ont envoyés l'appel d'offres, leur contact. Un projet qu'on appelle " Hydrobrue", dans le cadre de l'approvisionnement en eau potable de certaines villes. Donc, ils ont introduit Mali (... ) L'un des objectifs de notre présence ici avec les Belges, c'est d'aider Mali à avoir de l'eau potable. Après, voir quelques opportunités dans d'autres domaines.
Nouvelledeguinee.com: quelles sont les principales difficultés auxquelles vous êtes confrontés sur le terrain?
UDID: des difficultés, ça c'est tous les jours. D'abord, vous avez vu comment est la préfecture. Pour y arriver, ce sont des problèmes. Vous avez vu les infrastructures. Comme l'a dit le maire, tout est prioritaire ici. La population n'est pas aussi formée que ça. Parfois, quand tu viens, même pour leur apporter de l'aide, ils voient en toi quelqu'un qui veut leur ravir la vedette. C'est comme si tu venais pour une campagne politique. Le pays est tellement politisé, même si tu veux faire une action, on pense que, derrière toi, c'est quelqu'un qui te pousse. Cette méfiance est un frein pour nos activités. Dieu merci, avec l'ONG UDID, on a réussi quand même, aujourd'hui, à dépasser ces étapes. La confiance vient de s'installer entre nous et la population. La collaboration devient de plus en plus facile. Au delà de cela, c'est le manque de moyens. C'est un autre défi. Si nous ne venons pas dans le cadre des projets, nous n'avons pas de ressources. Si nous venons pour appuyer la population, on est obligé de mettre la main dans les poches pour faire des cotisations. Le manque de moyens est un défi pour nous. Mais, grâce à Dieu, on parvient à le surmonter.
Nouvelledeguinee.com: avez vous un appel à lancer aux autorités guinéennes?
UDID: aux autorités guinéennes, c'est de nous facilite la tâche. Il ne s'agit pas de les doter de quoi que ce soit, mais de défendre leurs intérêts auprès des bailleurs. Aujourd'hui, le pays est très mal vu à cause du comportement de ses autorités. On assimile tout le monde à l'administration (... ). Il faut plus d'ouverture, plus de rigueur dans la gestion. Quand il y'a trop de dilapidations des déniés publics, c'est difficile d'aller, en tant que citoyen, demander de l'aide. On t'assimile à tout le monde. Et puis, c'est un frein.







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