Quand les Africains se désintéressent de leur football au profit du foot européen ( chronique )

Quand les Africains se désintéressent de leur football au profit du foot européen  ( chronique )
0 commentaires, 9 - 3 - 2017, by admin

Par Habib Yimbering Diallo
Le journaliste Amadou Diouldé Diallo disait que le football est devenu une religion. Mais il devait ajouter le football européen. Tout le football n’étant pas logé dans la même enseigne. Le football africain en particulier ne suscite pas un grand intérêt. Quant aux clubs du vieux continent, ils déchainent les passions. C’est l’illustration la plus parfaite de la mondialisation à deux vitesses. Avec d’un côté des Africains qui ne respirent que pour les Européens et de l’autre ces derniers qui ignorent l’existence même de l’Afrique. Allez savoir si la CAN est suivie là-bas.
Lorsque les vedettes noires font leur entrée dans certains stades européens, les spectateurs imitent les singes. Beaucoup de ces joueurs sont confrontés à un dilemme : faut-il continuer à gagner de l’argent dans l’extrême humiliation ou faut-il jeter l’éponge ? Récemment encore le joueur togolais de Slovacko, Francis Koné, n’a eu la paix que grâce à son geste qui a sauvé la vie à un gardien de but de l’équipe adverse.
Ce geste hautement humain, de ce « singe », a permis à cet Africain de respirer dans ce pays où il subissait l’humiliation des supporters. Pendant ce temps, sur le continent, la plupart des fans du cuir rond ont pris un adjectif européen. On est Madrilène ou catalan. L’Espagne ayant dominé le football européen.
Mais là n’est pas le problème. On peut se coller l’adjectif que l’on veut. Par contre là où il y a problème, c’est à deux niveaux : le premier, les matches de nos équipes nationales ne suscitent aucun intérêt. Le second, ce sont parfois les drames que les matches entre clubs européens, qui ne nous concernent ni de près ni de loin, causent chez certains supporters guinéens.
En effet, j’ai assisté il y a quelques temps à une altercation entre deux soi-disant madrilène et catalan qui ont failli arriver aux mains. Et qui, depuis ne se parlent plus. Quel excès ? J’allais dire quelle ignorance ? Comment pouvons-nous nous remplir le ventre du riz asiatique dans le meilleur des cas, allumer un groupe électrogène pour regarder un match, renter dormir dans une pièce obscure, parfois le vente creux et prétendre que nous sommes madrilène ou catalan ? Assurément nous sommes tout sauf madrilène ou catalan. Nous sommes Guinéens.
Qu’on aime ou qu’on déteste cette Guinée, c’est ici et nulle part ailleurs que se trouve notre bonheur. Comme disait le Général De Gaulle « le patriotisme c’est aimer son pays, le nationalisme c’est détester celui des autres ». Je souhaite donc voir autant d’intérêt pour les matches de nos clubs. Même si on peut s’intéresser à ce qui se passe dans le désormais petit village planétaire. Mais nous devons mettre la pression sur nos gouvernants afin qu’ils nous dotent des infrastructures sportives dignes de ce nom. Nous devons aussi aimer et aider nos clubs afin qu’ils soient comme les autres.
Tout le reste n’est que mirage. Le même mirage qui pousse nos jeunes à aller mourir loin de la patrie. Enterrés dans des fosses communes ou avalés par des requins en haute mer. Devant le drame d’immigration clandestine, qui est le pire après celui de la colonisation, chacun de nous a le devoir de jouer le rôle qui est le sien pour que la jeunesse fasse la différence entre le mirage et la réalité.

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